Cadre institutionnel

De l’Agenda 21 de Rio… à l’Agenda 21 scolaire : un contexte favorable

L’Agenda 21 est né de la conférence de Rio de 1992 pour proposer un développement durable garantissant, à tous les habitants de la terre, bien-être et dignité tout en préservant la planète pour les générations futures. Il s’agit d’un plan d’actions pour le 21ème siècle. Chacun de nous doit s’engager.

Le texte de l’Agenda 21 (chapitre 36 : promotion de l'éducation, de la sensibilisation du public et de la formation) propose de nombreuses recommandations pour introduire les enjeux du développement durable à l’école et dans toutes les filières de formation professionnelle. L’éducation doit aider les jeunes à décrypter les choix scientifiques, techniques, économiques, politiques à travers l’apprentissage des enjeux du développement durable et un exercice renouvelé de la citoyenneté.

L’Agenda 21 scolaire décline l’Agenda 21 de Rio à l’échelle d’un établissement scolaire, mais aussi plus largement à l’échelle d’un territoire. Les deux circulaires du Ministère de l’éducation nationale du 15 juillet 2004 et du 5 avril 2007 favorisent le déploiement de ces démarches de développement durable en France.

Inscrit dans le cadre du projet d’établissement, l’Agenda 21 scolaire est une démarche volontaire qui amène les jeunes et les équipes éducatives à s’interroger sur leurs relations avec leur environnement, à concevoir des plan d’actions pour contribuer à de nouveaux modes de consommation mais, également, de relations aux autres et au monde, dans un esprit de découverte, de responsabilité et de solidarité.

 

L'éducation au développement durable


 

En 2003 et 2004, le ministère de l’Education nationale expérimente  l’éducation à l’environne ment  pour un développement durable dans 84 établissements (40 écoles, 22 collèges et 22 lycées d'enseignement général, technologique et professionnel), répartis dans 10 Académies (Aix-Marseille, Besançon, Bordeaux, Dijon, Guadeloupe, Nice, Orléans-Tours, Paris, Poitiers et Rouen.).

  • La circulaire du 8 juillet 2004 annonce la généralisation de cette éducation à partir de la rentrée scolaire 2004-2005 et insiste sur la nouvelle dimension pédagogique qu’il convient de donner à l’éducation à l’environnement en l’intégrant dans la perspective du développement durable. Il conseille la construction de partenariats, ouvrant l’école vers l’extérieur. L’Education à l’Environnement pour un Développement Durable fait désormais partie intégrante de la formation initiale des élèves, tout au long de leur scolarité, dans le cadre des enseignements généraux, technologiques et professionnels.
La même année, la « Charte de l'environnement » est promulguée. L’article 8  indique que « l'éducation et la formation à l'environnement doivent contribuer à l'exercice des droits et devoirs » définis dans la Charte.
Pour en savoir plus

Le rapport annexé à la loi d’orientation sur l’avenir de l’école du 23 avril 2005 mentionne que l’éducation au développement durable est « une composante nouvelle de la formation civique des élèves ».

Les 33 Académies, en partenariat avec les collectivités territoriales, (communes pour l’enseignement primaire, départements pour les collèges et régions pour les lycées) prennent une part active à l'EEDD. Les recteurs ont pour mission de désigner un correspondant académique EEDD, de mettre en place un « Comité de pilotage de l'EEDD » et de rédiger un Plan stratégique sur trois ans (2004-2007/2007-2010) pour généraliser la démarche.


  • Troisième phase de généralisation EDD (2011-2013 : circulaire n° 2011-186 du 24-10-2011) qui prolonge les trois objectifs prioritaires de la phase précédente (2007-2010) :
    prise en compte des questions se rapportant au développement durable dans les programmes d'enseignement, multiplication des démarches globales dans les établissements et les écoles, et formation des enseignants et des personnels impliqués dans cette éducation.
    La circulaire indique que « la formation au développement durable se joue au niveau du projet d'école ou d'établissement dans le cadre d'une double mise en cohérence : d'une part entre les enseignements et les diverses formes de projets pédagogiques ; d'autre part entre les activités conduites dans l'école ou l'établissement et les territoires proches où l'on puisera des exemples ou des études de cas et où l'on mettra en œuvre les partenariats possibles ». Cette troisième phase de généralisation s'appuie donc sur trois orientations majeures : le renforcement de la gouvernance et du pilotage ; l'élargissement des partenariats, et une meilleure diffusion des informations et du partage des réussites. Concernant plus précisément le projet d’établissement, il doit combiner les enseignements, la vie scolaire, la gestion et la maintenance de la structure scolaire, ainsi que l'ouverture sur l'extérieur par le partenariat. Il doit intégrer les réalités des territoires proches de l'école ou de l'établissement, tout en conjuguant la dimension pédagogique avec les politiques de développement durable de ces territoires. Les personnels de direction jouent un rôle fondamental afin de mobiliser l'ensemble de la communauté éducative autour du projet et doivent désigner un enseignant référent pour l'EDD. Les écoles et les établissements scolaires peuvent désormais demander au comité académique de se voir attribuer la reconnaissance E3D, leur permettant ainsi de faire connaître leurs initiatives aux autorités académiques.

    Afin de répondre aux besoins de la communauté éducative, ce référentiel s'adresse aux écoles, aux collèges et aux lycées généraux, technologiques et professionnels, ainsi qu'aux centres de formation d'apprentis qui, dans le cadre de la généralisation de l'éducation au développement durable, décident d'entrer en démarche globale de développement durable (« E3D »). Il définit les conditions dans lesquelles cette démarche peut être menée et comment le Label « E3D » peut être obtenu. Peut être considéré comme « E3D - École/Établissement en démarche de développement durable » tout établissement scolaire ou toute école engagés dans un projet de développement durable fondé sur la mise en oeuvre d'un projet établissant une continuité entre les enseignements, la vie scolaire, la gestion et la maintenance de la structure scolaire tout en s'ouvrant sur l'extérieur par le partenariat. Un certain nombre d'écoles et d'établissements se sont déjà engagés dans une démarche de ce type, bénéficiant parfois de labellisations spécifiques en lien avec des partenaires locaux ou nationaux, voire européens et internationaux, ce qui est parfaitement compatible avec la labellisation « E3D".


Pour en savoir plus :
Eduscol - la mise en oeuvre de l'éducation au développement durable dans les écoleset les étblissements

Pôle national de compétence EDD


 

L’Enseignement agricole est engagé depuis 1995 dans des programmes de développement durable. Si la première problématique traitée a été celle de l’agriculture (1995-2002), c’est plus généralement le développement durable qui est exploré dans ses multiples dimensions depuis 2003 : organisation et fonctionnement de l’établissement, métiers et pédagogie, ancrage territorial… La circulaire de 2007 s’attache à la mise en œuvre de l’éducation au développement durable au travers des actions déjà engagées, et de démarches plus intégratrices, dont l’Agenda 21 d’établissement de formation (DGER/SDRIC/C2007-2015). Les lois Grenelle (2009, 2010) placent les exploitations des lycées agricoles en première ligne quant aux objectifs à atteindre… avec également des objectifs pédagogiques. Le 5e Schéma de l’Enseignement agricole 2009-2014, le Projet stratégique de la DGER 2009-2011, la nouvelle Stratégie ministérielle développement durable, renforcent l’EDD. La réalisation des Bilans carbone et PLANETE participent notamment à cette dynamique. En juillet 2010, la Loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche instaure l’EDD comme transversale aux 5 missions de l’Enseignement agricole.

Agenda 21 d'établissement de formation : une généralisation de l'EDD

Le plus souvent en lien avec les démarches territoriales, plus d’une centaine d’établissements agricoles sont explicitement engagés dans une démarche globale de développement durable pour généraliser l’EDD… dont près de 80 dans un Agenda 21 d’établissement de formation… sans compter les Plans verts mis en œuvre dans les établissements supérieurs.  Les établissements participent à des démarches régionales collectives (Picardie, Midi Pyrénées, Haute et Basse Normandie,…) ou individuelles (Saint-Herblain, Tournus,…).

Ces démarches s’appuient sur l’inscription du développement durable dans les programmes depuis la fin des années 1990, et surtout dans la rénovation de la voie professionnelle depuis la fin des années 2000. L’approche pluridisciplinaire, en croisant en particulier les compétences des sciences de la nature, des sciences de l’ingénieur et des sciences humaines et sociales, pour une meilleure compréhension de la complexité, y est notamment un atout pour l’EDD.

S’il est impossible ici de rendre compte de l’ampleur et de la diversité des actions menées depuis le milieu des années 1990[1], quelques actions révèlent l’ampleur de l’engagement de l’Enseignement agricole : les actions « agriculture durable » qui par leur nombre et leur variété ont concouru à changer les pratiques agricoles des exploitations des établissements d'enseignement agricoles ; les classes d'eau avec l'Agence de l'Eau Seine Normandie qui ont permis de monter des projets en pluridisciplinarité autour de problématiques liées à l'eau avec des partenaires locaux ;  les éco-délégués, nés à Vendôme, et qui en 2010 sont présents dans 93 établissements où ils sont impliqués dans de nombreux projets pédagogiques et éducatifs ; etc.

Les établissements agricoles expérimentent ainsi de nouveaux modes de gouvernance en lien avec les problématiques du développement durable.

Christian PELTIER et Sofie AUBLIN,
animateurs du réseau national EDD, MAAPRAT/DGER/SDPOFE/BVIE

Pour en savoir plus, la plateforme de ressources en EDD de l’Enseignement agricole : 
www.edd.educagri.fr
___________

 1] Voir le site de l’éditeur EDUCAGRI (www.editions.educagri.fr) qui propose une large palette de ressources pédagogiques dans diverses disciplines (agronomie, aménagement, géographie, …). On peut également consulter de nombreuses ressources sur le site de l’enseignement agricole CHLOROFIL, à la rubrique territoires : www.chlorofil.fr/territoires.html.

Les campus se mettent au vert !

Aujourd’hui en France, les universités et grandes écoles – environ 300 – s'orientent ensemble vers le développement durable dans leurs enseignements et la gestion de leur établissement. Le Plan vert, devenu une obligation législative pour les campus par l’article 55 de la loi Grenelle 1 du 3 août 2009 et lancé officiellement le 17 juin 2010, les accompagne dans ce sens. Il s’agit d’un plan d'actions permettant à chaque campus d'organiser et de définir son engagement en faveur du développement durable. Démarche initiée notamment par la Conférence des grandes écoles, la Conférence des présidents d’universités et le Réseau français des étudiants pour le développement durable, le Plan vert a pour vocation d'aider les établissements d’enseignement supérieur à instaurer un programme de développement durable à l’aide de deux documents : le canevas, modèle de stratégie structuré autour des neuf défis clés de la Stratégie nationale du développement durable 2009-2013 et le référentiel, outil de pilotage de cette stratégie. En élaborant son Plan vert, chaque établissement peut ainsi définir et mettre en oeuvre sa propre stratégie, à son rythme et en fonction de sa situation. Pour les aider dans cette démarche, l’outil d’auto-évaluation EVADDES, réalisé par Fondaterra, est disponible en ligne. Actuellement, le Plan vert est testé par une centaine d’établissements et doit mener à terme à une labellisation des campus.
Plan vert 
Loi Grenelle 1

>> Télécharger l'édito CPU et CGE
 

 

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